Algarve

"Blottie dans la verdure, étouffée par les pins parasols et un énorme figuier, la villa les surprend par sa modestie. Rien ne correspond aux photos de l'annonce. Le jardinier les a rejoints et, coupant court à leur hésitation, il prend une valise, les presse d'entrer et propose de commencer la visite des lieux.

Elisabeth n'en fait rien et se précipite sans mot dire vers la terrasse qui borde le salon puis disparaît. Edmond se résigne à faire avec son guide le tour de toutes les pièces, du rez-de-chaussée à l'étage, puis à feuilleter l'inventaire du mobilier et à écouter patiemment ses recommandations sur la climatisation, l'alarme et le barbecue. Le sabir du jardinier portugais, émaillé de français et d'anglais rudimentaires, et sa gestuelle sont plutôt sympathiques mais Edmond en sait assez. Il a pris la mesure de l'intendance, il estime que le logement convient pour des vacances. L'équipement est correct. Malgré les inévitables azulejos et les carrelages de sol traditionnels, la décoration reste sobre. L'ensemble est propre et clair. Les chambres et la salle de bain sont agréables. Le séjour, spacieux et lumineux, ouvre sur une terrasse et un jardin pourvus des accessoires de loisir illustrés par la documentation photographique : pelouse avec massifs de fleurs, piscine, chaises longues et parasols. Derrière la haie il aperçoit Elisabeth figée sur la falaise. Les mains en visière face au large, elle contemple. Elle craignait d'être déçue. Son attitude extatique rassure Edmond, elle se repaît du paysage. En se rapprochant, il pressent que déjà elle brosse le décor de son prochain roman. L'échappée vertigineuse sur l'océan et le ciel confondus, la terrasse de rocailles broussailleuses sur la falaise et la petite maison solitaire nichée dans la colline de pins maritimes à l'abri du caravansérail à touristes qui grignote la campagne, elle a là tous les ingrédients dont elle rêvait : un espace de vie à taille humaine et un horizon démesuré". (extrait de Jean Jouandet, La mouette de l'Algarve)

 

 

Oceanario, Lisboa

Aquarium from Nathalie Ruaux on YouTube.

Tous les oiseaux

Quel poète ?

Larme de crocodile

Pessoa

Le nom du poète signifie "personne". Initialement orthographié Pessôa sur son acte de naissance, il vient du latin persona (« masque de théâtre »).